Les 19 et 20 septembre, ainsi que le vendredi 18 consacré aux scolaires avec l’opération « Levez les Yeux ! », les Journées européennes du patrimoine ouvriront pendant deux jours les portes de sites historiques souvent inaccessibles le reste de l’année. Deux thèmes ont été choisis cette année : celui du « Patrimoine de la photographie », à l’occasion du Bicentenaire de la Photographie, et le « Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer », thématique sélectionnée au niveau européen.
La photographie au cœur du patrimoine et de la mémoire collective
Cartes postales, photos de famille, livres illustrés, expositions, presse magazine, mais aussi écrans de téléphone et d’ordinateurs : les images qui nous entourent, d’hier et d’aujourd’hui, ont toutes pour origine l’invention de la photographie il y a deux cents ans. L’année 2026-2027 accueille la célébration du Bicentenaire de la Photographie, initiative du ministère de la Culture qui permet d’impulser plusieurs centaines de manifestions labellisées incarnant toute la diversité du patrimoine photographique français.
Cette pratique, à la fois amateur, professionnelle, plasticienne et scientifique, qui façonne notre identité culturelle depuis deux siècles, est au cœur des Journées européennes du patrimoine 2026. La manifestation nationale met l'accent sur les réalisations artistiques et techniques de la photographie, mais aussi sur le rapport intime que le médium entretient avec le patrimoine et les monuments historiques.
Inventée par Nicéphore Niepce, offerte au monde par François Arago devant les Académies des sciences et des beaux-arts en 1839, la photographie, permet en effet, depuis deux siècles, de représenter les monuments grâce à des images qui constituent souvent un point de repère important tant du point de vue de l'histoire locale, nationale et européenne, que de la mémoire collective. Elle a acquis, à partir des années 1960, sa propre valeur patrimoniale. Conservée dans les services d’archives, les bibliothèques et les musées pour ses qualités documentaires, elle est peu à peu collectionnée pour sa valeur artistique avec les premiers musées qui lui sont consacrés : musée français de la Photographie, le musée Nicéphore-Niepce, l’organisation des Rencontres d’Arles, la galerie du Château-d’Eau mais aussi l’ouverture de cabinets de photographies au Centre Pompidou et au musée d’Orsay.
Un patrimoine à sauvegarder dans un monde en évolution
Face à des défis tels que la numérisation croissante, l'accélération des mouvements de population, la crise climatique et les conflits de toutes sortes, une partie de notre patrimoine est menacée. Le second thème choisi au niveau européen pour cette 43e édition met en évidence la manière dont nous hiérarchisons, protégeons le patrimoine culturel et le préservons pour les générations futures.
Cette riche thématique traite de l’impact des évolutions climatiques sur les sites patrimoniaux, les fonds d’archives, les collections artistiques et les pratiques du patrimoine immatériel, en mettant en avant des actions novatrices et durables pour les protéger comme de nouvelles techniques de surveillance et de restauration. Certaines organisations internationales comme l’Unesco ont également mis en place des plans de sauvegarde spécifiques. Le thème explore aussi la question de la pérennité des matériaux dont sont constitués les « nouveaux patrimoines », notamment ceux du XXe siècle.
Enfin, ce thème met en lumière les différentes mesures préventives prises pour mieux concilier hyper-fréquentation liée au tourisme de masse et préservation du patrimoine (aménagements sur l’accueil du public, développement de visites virtuelles ou de fac-similés…). Face à la sous-fréquentation de certains sites et monuments, ces deux jours sont l’occasion de sortir des sentiers battus et d’explorer de nouvelles pistes pour un tourisme soutenable, mieux réparti dans le temps et sur l’ensemble du territoire.
Partager la page
