En France, sous l’ancien régime, la pratique du jeu de paume connaît un engouement que l’on peine à imaginer aujourd’hui. Les français brûlent alors d’une passion furieuse pour ce jeu, ancêtre du tennis. Les salles de jeu de paume, ou tripots, se multiplient dans le royaume au point que certains contemporains estiment qu’il y en a autant que d’églises.
À Dijon, on dénombre avec certitude sept tripots. Aujourd’hui, seul le jeu de paume alors dénommé tipot des Barres existe encore.
Projet personnel et dépendance de l’hôtel particulier de Bernard des Barres, président au parlement de Bourgogne au tournant des XVIe et XVIIe siècles, ce tripot sert à la pratique de la paume pendant près d’un siècle avant d’être racheté par la ville au début du XVIIIe et être progressivement aménagé en théâtre, devenant ainsi la première salle de spectacle pérenne de Dijon.
L’ouverture de l’actuel Grand Théâtre en 1828 entraîne sa fermeture et sa désaffectation. Devenu propriété privée, il est alors définitivement fermé au public.
Après presque deux siècles de sommeil et d’oubli, le tripot des Barres rouvre exceptionnellement ses portes au grand public à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. Si le temps et les hommes ont eu raison de ses aménagements successifs, les restes du bâtiment d’origine témoignent encore de la grandeur et de la noblesse passées de ce formidable vaisseau, qui fut l’un des plus importants lieux de sociabilité mais surtout de culture à Dijon sous l’ancien régime.
L'ancien jeu de paume de l'hôtel des Barres à Dijon est inscrit au titre des Monuments historiques depuis le 17 janvier 2023.
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