Dès 814, année de la mort de Charlemagne, Gémages est citée sous le nom de Gamarziacas dans le polyptyque d’ Irminon (dépouillement des biens de l’Abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris) comme dépendance agricole. D’après les nombreuses recherches menées par Eric Yvard, historien régional, le plus ancien seigneur connu serait Hugues de Gémages qui épouse vers 1250 une dame Agnes Louet. En 1271 Macé de Gémages achète la Motte du fief de l’ Hermitiére et le Moulin de Gémages ( moulin banal). En 1331 Guillaume de Gémages, Sénéchal héréditaire du Perche, époux d’Isabelle de Chanceaux, donne à bail Les Brosses. Son fils Macé, Seigneur de la Rosière et de Gémages, époux d’ Alix de Dreux, descendante directe du roi Louis VI Le Gros, vend la Pinotière, la Bertignière et la Guiotière, terres toujours dénommées ainsi. A partir de 1450 le Seigneur de Gémages n’ habite plus sur place mais à La Rosiére à Saint-Cyr-la-Rosiére; puis la seigneurie » tombe en quenouille » selon l’expression de l’époque, puisqu’elle passe par succession à Florence du Rouil, Dame de Gémages, demoiselle d’ honneur de Catherine de Médicis et épouse de Charles du Quesnel. Avec réserve, René Lepelley avance une hypothèse sur la base du germanique apia, « cours d’eau », précédé d’un élément indéterminé Gem-. Dans ce cas, Gémages serait à rapprocher de Gamaches (ex: Gamaches-en-Vexin, Gamapium en 707) dont le second élément est bien appia, appellatif hydronymique répandu dans le nord-ouest de l’Europe. L’évolution phonétique normale de la terminaison -appia aurait dû être -appe, aippe, comme dans Jemappe (Belgique, Gamapium en 1122, Gamapia en 1150) et Jemeppe L’hypothèse précédente est également contredite par la forme ancienne Gemmeticum citée au xve siècle à propos de Gémages et qui est proche en revanche des formes anciennes de Jumièges (Seine-Maritime, Gemeticum, Gemedicum, époque mérovingienne), toponyme sans doute gaulois, que François de Beaurepaire interprète comme un radical gem-, de sens inconnu, suivi d’un double suffixe -at- / -et-icum. L’évolution phonétique en -age s’explique très bien par le suffixe -ATICU (-aticus /-um), elle est identique à celle rencontrée dans le mot sauvage, issu de SILVATICU (silvaticus) ou fromage de FORMATICU (formaticus). Le 1er janvier 2016, Gémages intègre avec cinq autres communes la commune de Val-au-Perche.
Eglise Saint-Martin
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Localisation
Le Bourg, Gémages, 61130 Val-au-Perche, Orne, Normandie, France
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