La Réunion et Mayotte, patrimoines sous les tropiques

Dans l’Océan Indien, l’île de la Réunion et l’archipel de Mayotte conservent précieusement leur héritage patrimonial, témoin de leur identité culturelle, de leur histoire et de leurs traditions.
Saint-Pierre, La Réunion

Les différentes facettes de ces patrimoines réunionnais et mahorais seront mises à l’honneur lors de la 38e édition des Journées européennes du patrimoine. De lieux de mémoire, comme la chapelle de l’ex-Apeca, au patrimoine de l’industrie sucrière de Saint-Philippe, en passant par la faune de l’îlot M’Bouzi, nombreuses seront les manifestations qui permettront au public de s’imprégner pleinement de ces deux territoires d’Outre-mer. 

 

 

Sur l’île de la Réunion, entre travail de mémoire et conservation du patrimoine bâti

 

Sur les hauteurs de la Plaine des Cafres, non loin de la ville du Tampon, se trouve la chapelle de l’ex-Apeca. Dotée d’une architecture brutaliste, elle a été construite en 1965 pour accueillir les jeunes filles de l’association pour la protection de l’enfance coupable et abandonnée (Apeca). 

L’Apeca a, depuis plusieurs années, laissé place à l’Association Aide et Protection de l’Enfance et de la Jeunesse (A.A.P.E.J), qui prend en charge les jeunes publics en difficulté, et la chapelle, désacralisée et fermée au public, est aujourd’hui menacée par les aléas climatiques et l’effet du temps qui passe.

Afin que cette bâtisse ne tombe pas dans l’oubli et perdure comme vestige d’une époque révolue, l’A.A.P.E.J souhaite, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, rappeler l’importance de restaurer ce lieu. Ainsi, les 18 et 19 septembre, la chapelle sera exceptionnellement ouverte et accueillera des ateliers pédagogiques et des visites guidées, permettant notamment la découverte des vitraux, œuvre de Guy Lefèvre. Ce sera également l’occasion pour les jeunes actuellement accueillis par l’A.A.P.E.J de participer à cette manifestation culturelle. 

 

Saint-Denis, La Réunion

 

A Saint-Pierre, quand patrimoine et nouvelles technologies se rencontrent

 

Au sud-ouest de l’île de la Réunion, à Saint-Pierre, se dévoile l’ancienne usine sucrière de Pierrefonds, véritable emblème du patrimoine industriel de l’île. 

Saint-Pierre Patrimoine, structure qui valorise le patrimoine de Saint-Pierre et de La Réunion, et Escapade Réunion proposent aux visiteurs de découvrir ou redécouvrir l’usine grâce à la réalité virtuelle. Par petits groupes, le public est ainsi invité à plonger au cœur des cinq hectares que compte l’usine, depuis un casque de réalité virtuelle, dont les images auront été captées par un drone.

Saint-Pierre Patrimoine prévoit également, en collaboration avec le service culturel et le service drone de la ville de Saint-Pierre, propose aux personnes à mobilité réduite de survoler le patrimoine naturel de la rivière d’Abord. L’objectif étant de rendre accessible un lieu d’ordinaire hors de portée de ces publics. 

 

A Saint-Philippe, faire vivre le patrimoine de génération en génération

 

Dans le sud-est de l’île, à Saint-Philippe, le patrimoine est placé sous le signe de l’échange intergénérationnel. Grâce à la mobilisation de la commune et du corps enseignant, des élèves ont participé, à un projet pédagogique de valorisation du patrimoine de la ville, dont la restitution aura lieu lors des Journées européennes du patrimoine, et prendra la forme d’une rencontre destinée au public scolaire, durant laquelle les élèves pourront échanger avec des membres de l’association « Les Jours Heureux ». 

Ce travail autour de la valorisation du patrimoine a notamment permis aux jeunes publics de découvrir l’artisanat de la période « lontan ». Si le « lontan » n’existe plus, sa mémoire perdure grâce aux récits des anciens qui ont à cœur de faire vivre la mémoire de ce patrimoine auprès des jeunes générations.

Ce projet pédagogique est donc une façon de faire se rencontrer histoire et tradition. 

 

L’îlot M’Bouzi de Mayotte, entre patrimoine naturel et histoire 

 

A Mayotte, sur l’îlot M’Bouzi, le patrimoine naturel et le patrimoine historique sont mis en lumière. Cette réserve naturelle, en partie terrestre et en partie marine, est remarquable pour sa faune et son histoire, qui a marqué l’archipel. 

A la fin des années 1940, l’îlot M’Bouzi devient terre d’accueil pour les malades de la lèpre. Il s’y crée alors une véritable zone d’habitation composée de constructions traditionnelles et d’une vie de quartier, favorisant l’essor de cultures comme le tabac, le manioc ou le maïs. L’îlot cessera d’être une léproserie en 1955. 

L’îlot M’Bouzi, aujourd’hui inexploité, est géré par l’association des Naturalistes de Mayotte. Cette association offre au public l’opportunité de partir à la découverte de ce lieu sauvage et empreint d’histoire. Des visites guidées reviendront sur les traces de la léproserie et mettront à l’honneur la biodiversité terrestre de cet écrin vert. 

 

A Mamoudzou, le patrimoine vu par les jeunes publics

 

La ville de Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte, présente une exposition de photos, fruit du travail de 80 enfants et adolescents des communes de Dembéni et de Mamoudzou, qui ont été invités à redécouvrir leur région et son patrimoine bâti, au travers de balades et d’ateliers de photographie et d’écriture.

Intitulé « Nouveau regard sur ma Ville 2021 », ce projet a pu être réalisé grâce au soutien de plusieurs acteurs locaux, comme la Direction des Affaires Culturelles de Mayotte, la communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou et les Apprentis d’Auteuil-Mayotte, et à la participation de professionnels.

Les jeunes publics ont ainsi pu immortaliser en photo et en mots leur vision du patrimoine, et leur travail est à découvrir les 18 et 19 septembre prochains. 

 

Mamoudzou, Mayotte

 

Les Archives départementales, célébrer les 10 ans du département

 

A l’occasion des dix ans de la départementalisation de Mayotte, les archives départementales proposent de redécouvrir l’exposition « Mayotte française, un long chemin vers le droit commun (1841-2014) »

Une belle façon de célébrer le 10e anniversaire de ce 101e département français, et de retracer le chemin parcouru par l’archipel depuis les débuts du protectorat français en 1841. Cette manifestation sera aussi l’opportunité pour les publics de mieux appréhender le patrimoine historique et les différentes étapes de la construction du territoire mahorais. 

 

Mayotte