Sélection régionale Mayotte

Publié le 11.09.2019
Cette année, les sélections régionales du programme des Journées européennes du patrimoine vous sont présentées sous un nouvel angle. Des personnalités et acteurs de la culture partagent leurs coups de cœur de cette 36e édition dans leur ville et dans leur région. A Mayotte, suivez les conseils de visites d'Arnauld Martin, conseiller pour les musées, chargé du patrimoine immatériel à la Direction des affaires culturelles (DAC) de Mayotte, et consultez la carte pour découvrir les animations organisées dans les lieux qu’il recommande.

Arnauld Martin, conseiller pour les musées, chargé du patrimoine immatériel à la DAC Mayotte

J'ai la chance d'exercer depuis juillet 2019 en tant que conseiller pour les musées et le patrimoine immatériel à Mayotte, 101ème département français situé dans le canal du Mozambique entre l'Afrique et Madagascar. Ici, l'urgence d'inventorier, de conserver et de valoriser un patrimoine matériel (archéologique, industriel, mobilier, monumental) coexiste avec la vitalité du patrimoine immatériel. Le monde associatif en est un acteur majeur, je réactualise en permanence, à travers les chants et les danses traditionnelles, mais aussi les techniques artisanales, un héritage porteur de sens : l'appartenance à une communauté, à une aire culturelle d'une richesse considérable au carrefour des influences swahilie, arabe, européenne, malgache... Le patrimoine immatériel contribue ici à vivre harmonieusement son identité au sein de la République. Mon rôle est de travailler avec les collectivités et les associations pour permettre à ces patrimoines de se transmettre, et d'en réaliser l'inventaire dans le cadre des dispositifs nationaux et internationaux.

 

Ses coups de cœur pour cette 36e édition

Antana be : ce village abandonné, car menacé par la montée des eaux, et dont la mosquée sert toujours régulièrement, est inséré dans un milieu naturel exceptionnel : la mangrove, espace de transition entre terre et mer. Ce site est riche d'enseignements sur la relation que l'Homme entretient avec son environnement, sur l'humilité face au temps qui passe et à la nature qui reprend ses droits.

Le zébu mahorais : cette race locale, dont la silhouette caractéristique occupe paisiblement les paysages ruraux de Mayotte, a été reconnue par le ministère de l'Agriculture. Parfaitement adaptée au climat et à l'environnement mahorais, elle représente un patrimoine génétique précieux, que les croisements avec des races importées pourraient affaiblir. Le patrimoine c'est aussi ce que les sociétés ont construit au cours des générations, par la connaissance de leur environnement et la sélection, pour une adaptation raisonnée aux contraintes de l'écosystème.

Pour lui, les Journées européennes du patrimoine, c’est…

fêter nos héritages. C’est aussi une façon de les revitaliser. Prendre le temps d’une fin de semaine pour s’arrêter, regarder en arrière, et voir ce que l’histoire peut nous apporter comme éclairage sur ce que nous sommes et ce vers quoi nous tendons. C’est aussi l’occasion de rappeler aux citoyens et aux collectivités que l’état est présent sur les territoires pour les accompagner dans cette découverte et cette appropriation. C’est enfin, je l’espère, l’occasion pour les nombreux habitants récents de Mayotte d’aller à la rencontre des Mahorais et de soulever le voile sur leur culture, leur histoire, et leur art de vivre.


Cliquez dans la carte pour découvrir les animations des différents lieux


Écomusée du sel, Bandrélé

L’écomusée du sel se situe sur le site de production du sel de mangrove à Bandrélé. Le limon saturé en sel est récolté à la main puis filtré. La saumure recueillie est ensuite mise à évaporer dans des bacs en tôle sur un feu de bois. Les cristaux qui se forment sont séchés dans des paniers. La production, qui n’a lieu que pendant la saison sèche, est pratiquée par les « Mama shingo », littéralement les mamans du sel, qui conservent et transmettent ce savoir-faire depuis des décennies.

 
Usine sucrière de Miréréni, Chirongui

Le domaine sucrier de Miréréni a été établi au cours des années 1870. L’usine sucrière, de petite dimension et de courte durée d’existence (moins de vingt-cinq ans) présente sur un espace restreint, un ensemble complet de machines encore en place : chaudière à bouilleurs, moteur horizontal, moulin à cannes, batterie Adrienne, hydro-extracteurs… Elle a été inscrite au titre des monuments historiques en 2019.


Consultez le programme complet à Mayotte