Sélection régionale Auvergne-Rhône-Alpes

Publié le 26.08.2019
Cette année, les sélections régionales du programme des Journées européennes du patrimoine vous sont présentées sous un nouvel angle. Des personnalités et acteurs de la culture partagent leurs coups de cœur de cette 36e édition dans leur ville et dans leur région. Pour l'Auvergne-Rhône-Alpes, suivez les conseils de visites de Hugues de Chabanne, délégué régional de la Demeure historique, et consultez la carte pour découvrir les animations organisées dans les lieux qu’il recommande.

Hugues de Chabanne, délégué régional Auvergne–Rhône-Alpes de La Demeure historique

Je suis propriétaire d'un monument historique privé, le château d'Avrilly situé dans l'Allier et c'est à ce titre que j'ai adhéré à l'association des propriétaires de Monuments Historiques privés, La Demeure historique, puis en suis devenu délégué régional et membre du conseil d'administration. Etre propriétaire est effectivement un métier (mon deuxième métier puisque je suis par ailleurs consultant en organisation et à ce titre associé dans une maison de vente aux enchères), et la Demeure historique en est en quelque sorte le "syndicat professionnel".

Le métier de "propriétaire gestionnaire d'un monument historique privé" c'est une responsabilité de préservation et de transmission décrite dans le code du patrimoine, à l'origine des contreparties fiscales et financières qui contribuent à l'exercice de cette responsabilité; c'est aussi et surtout une passion, ce moteur indispensable pour faire face à l'ampleur de la tâche.

La tâche, quelle est-elle ? Réinventer de nouveaux modèles d'activités et de revenus pour nos monuments, pour en assurer la pérennité (en ayant les moyens de couvrir les charges), et le rayonnement (pour que la synergie avec les autres initiatives locales fonctionne à plein, dans l'intérêt de tous)

A titre d'exemple, l'organisation d'un festival électro d'un très haut niveau artistique tant d'un point de vue musical que scénographique (château perché) a permis d'accueillir plus de 10 000 jeunes festivaliers à Avrilly en août de l'année dernière, avec des retombées pour le monument, pour son image auprès des jeunes, pour un grand nombre d'acteurs économiques qui en ont bénéficié dans les environs, etc..

Nous envisageons avec les organisateurs de le recommencer et mon souhait le plus cher serait qu'il y ait chaque jour une page de musique classique de quelques heures nous rappelant la multitude de ces concerts que nous avons organisés dans le passé..ça n'est pas exclu... la créativité est aussi là, réunir des mondes que l'on pourrait imaginer "inassociables"...

Le choix d'un propriétaire de ne pas ouvrir à la visite pour en faire un lieu de rassemblement familial par exemple est tout à fait louable et respectable; le jour des Journées européennes du Patrimoine c'est bien pour tous s'il le fait...y compris pour lui. Je me souviens des premières ouvertures d'Avrilly alors qu'il n'y avait pas de visite... Quel regard différent cela donne sur son propre monument au gré des questions des autres, quelles nouvelles perspectives cela laisse entrevoir avec la reconnaissance des visiteurs... c'est souvent un premier pas vers une étape d'ouvertures plus régulières.

Ses coups de cœur pour cette 36e édition

Allez de préférence visiter des monuments qui ne sont normalement pas ouverts à la visite, à côté de chez vous, c'est cela, ne l'oublions pas, l'objectif premier des journées du patrimoine...

Ou sinon... Le château de Pomay, à Lusigny, dans l'Allier, est un petit bijou relativement méconnu ...

 Pour lui, les Journées européennes du patrimoine, c’est…

l'accès à presque tous les patrimoines bâtis, pour découvrir ces richesses auxquelles nous n'avons pas accès en temps normal. C'est cette boule de neige de sensibilisation au patrimoine du grand public et réciproquement de sensibilisation des propriétaires (publics et privés) à ces nouvelles perspectives qui constitue la plus fantastique réussite des journées du patrimoine, elle a aussi changé les regards...


Découvrez quelques idées de visites supplémentaires en Auvergne-Rhône Alpes 

Cliquez dans la carte pour découvrir les animations des différents lieux :



Un joyau de l'architecture alliant gothique et Art Nouveau : le château de Ripaille,Thonon-les-Bains

Inscrit au titre des monuments historiques, le château de Ripaille a été construit par Amédée VIII au milieu du 14ème siècle afin d’en faire un ermitage pour grands seigneurs. Il est remanié par ses successeurs successifs. Le dernier grand transformateur des lieux est l’industriel et esthète Frédéric Engel-Gros, patron de DMC. Ripaille devient sous son impulsion un joyau de la Belle époque qui combine le gothique et l’Art nouveau. Le château est le siège d’une fondation créée en 1976 qui travaille à la conservation, la valorisation et l’animation de ce monument. La préservation de l’environnement est au centre de ses préoccupations.

Une ouverture exceptionnelle : apothicairerie des Visitandines, Crémieu

Construite en 1715 dans l’ancien couvent des Visitandines, l’apothicairerie aux solives bleues sur fond blanc et décorées de rinceaux, de serpents entrelacés et de paysages crémolans, abrite une riche collection de pots à pharmacie en faïence et en verre ainsi que d’anciens outils de chirurgie.

 

Un théâtre antique : le Théâtre de Vienne, Isère

En 1834, l’archéologue Claude-Thomas Delorme a su convaincre Prosper Mérimée, inspecteur général des monuments historiques, que les vestiges apparaissant au pied de la colline de Pipet pouvaient être ceux d’un théâtre romain. Il fallut attendre les fouilles menées entre 1908 et 1938 pour dégager et restaurer le monument, enfoui sous plusieurs milliers de mètres cubes de terre. Grâce à sa restauration, les programmations estivales de spectacles ont ressuscité la fonction divertissante du théâtre : art lyrique, variétés, danses, et depuis 1981 un festival de jazz.
 

Une forteresse médiévale : le château de Suze-La-Rousse

Classé au titre des monuments historiques en 1964, le château de Suze-la-Rousse est une puissante forteresse médiévale réaménagée à la Renaissance en demeure de plaisance. À côté du château, se trouve une salle de jeu de paume, l’ancêtre du tennis. Ce bâtiment est l’un des rares exemples conservés en France avec ceux de Versailles, Fontainebleau et Chantilly. Ce bâtiment rectangulaire a été construit en 1564 à l’occasion du passage du roi Charles IX et de sa mère Catherine de Médicis. Ses dimensions montrent que l’on y jouait au jeu dit « à dedans ». Un seul mur au sud est réalisé en pierre de taille afin que la balle rebondisse facilement. Les trois autres murs gardent les traces des toitures inclinées des galeries où se tenaient les spectateurs. Deux portes donnent accès au terrain.
   

Un lieu du patrimoine immatériel : le musée de la musique mécanique, Les Gets

L’association de la musique mécanique a rassemblé depuis 30 ans une collection regroupant carillons, pendules et boîtes à musique, orgues de rue, de danse et de manège, pianos mécaniques et pneumatiques, tableaux animés et automates, accordéons et violons automatiques, harmoniums, orchestrelles et orchestrions… Près de 800 pièces sont présentées dans le contexte de leur époque. Son manège de chevaux de bois de 1871 se situe sur la place de la mairie et l’orgue philharmonique automatique de 1910 offre des concerts en l’église des Gets.


Un lieu rattaché au Mobilier National : l'atelier conservatoire national de la dentelle, Le Puy-en-Velay

Installé dans des locaux municipaux abritant également le musée des Beaux-Arts et celui de la Dentelle, cet atelier est l’héritier de la Manufacture nationale du point de France fondée par Colbert en 1665 afin de freiner les importations de dentelle au point de Venise. Il succède à l’École dentellière, maintenue jusqu’à nos jours par la congrégation des sœurs de la Providence, avec le soutien de la Chambre de commerce d’Alençon. L’Atelier Conservatoire national de la dentelle est créé en 1976 sous l’impulsion du Président de la République Valéry Giscard d’Estaing. Rattaché à l’administration du Mobilier national, l’établissement participe à l’ameublement et à l’enrichissement des collections patrimoniales par la création de dentelles d’après des modèles d’artistes contemporains, pérennisant un savoir-faire de qualité exceptionnelle et participant au rayonnement culturel de la région. 

  



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