Six sites emblématiques ouverts à l'occasion des JEP

Publié le 13.07.2018

Parmi les dix-huit projets emblématiques, répartis sur tout le territoire national, en métropole comme en outre-mer, à avoir été désignés porte-drapeau par la mission Bern, six ouvriront leurs portes à l'occasion des Journées européennes du patrimoine.

 

Aqueduc romain du Gier

© Antoine Roulet

L’aqueduc romain du Gier, niché dans la vallée du Bozançon, doit son nom aux sources du Gier - affluent du Rhône - où il a longtemps puisé son eau. Édifié entre les Ier et le IIe siècles, il permettait l'alimentation en eau de la ville antique de Lugdunum.

Long de quelque 86 kilomètres, l’aqueduc traverse vingt-trois communes et s’érige en cela comme l’une des plus importantes réalisations romaines dans le domaine hydraulique. La partie qui traverse Chaponost est ainsi la plus grande section d’aqueduc en France avec son alignement de 92 arches parmi lesquels 72 sont encore visibles aujourd'hui. L’aqueduc, qui a subi de nombreuses dégradations, nécessite aujourd’hui une consolidation que sa sélection au sein de la liste « Patrimoine en péril » permettra de mener à bien.

 

Château de Bussy-Rabutin

© Colombe Clier, CMN

Le Château de Bussy-Rabutin, de style Renaissance, a été construit au XVIe siècle avant d'être aménagé, au XVIIe, par Roger de Bussy-Rabutin, général des armées royales du roi Louis XIV et cousin de Madame de Sévigné. Restauré par le Comte de Sarcus dans les années 1830, ce dernier obtient le classement du château au titre des monuments historiques dès 1862, inaugurant la protection nationale des propriétés privées.

Le plan général présente un corps de logis et deux ailes en retour ; à l’ouest, les parties « Roger de Rabutin » (datées du XVIIe et restaurées au XIXe), à l’est les parties « Sarcus ». Racheté par l'État en 1929, le domaine fait l’objet d’importants travaux de restauration depuis les années 1970, que les dotations obtenues grâce au loto du patrimoine permettront de poursuivre.

 

Hôtel-Dieu de Château-Thierry

© Ouiflash

L’Hôtel-Dieu est créé en 1304 par Jeanne de Navarre. Longtemps dirigé par une communauté de religieuses, pauvres, pèlerins, vieillards et malades viennent y trouver refuge. L’établissement connaît son âge d’or à la fin du règne de Louis XIV grâce à la générosité de mécènes qui le dotent de somptueux objets d’art.

Lorsque l’hôpital quitte les locaux de l’Hôtel-Dieu, en 1982, ces œuvres d'art, placées dans les greniers, sont redécouvertes, restaurées et présentées dans les salles réaménagées de l’ancien complexe hospitalier. Une douzaine de ces objets sont classés au titre des monuments historiques. Reconnu « Patrimoine en péril », l’Hôtel Dieu fera l’objet, grâce aux dotations obtenues par le loto du patrimoine, d’une réhabilitation (travaux d’aménagements intérieurs, consolidation de la façade et des fondations).

 

Château de Carneville

© Ouiflash

Le domaine de Carneville forme un exemple complet de l’architecture rurale du Cotentin entre le XVIIe et le XXe siècle. Façonné au fil des siècles par ses différents propriétaires, il se compose d’un premier manoir (1640), du manoir des Anoteux (1699), d’une boulangerie (1725), du logis principal édifié en 1755 et reconstruit depuis, ainsi que d’un parc de 7 hectares présentant une mosaïque de jardins (austral, asiatique, à l’anglaise, roseraie, etc.).

En 2012, il devient la propriété d’un jeune châtelain, portant un projet de rénovation de ce « château de village ». En 2018, le domaine est reconnu « Patrimoine en péril » par la mission Bern. Les travaux porteront en priorité sur le traitement des zones infestées par la mérule, champignon qui couvre près de 1 000 m² du logis principal, et menace la stabilité de l’édifice.

 

Hôtel de Polignac

© Ouiflash

Place forte commerciale et aristocratique au XVIIIe siècle, la ville de Condom possède en son sein de nombreux hôtels particuliers. Parmi ceux-ci, l’hôtel de Polignac, édifié entre 1773 et 1777, est bâti sur un plan entre cour et jardin. Construit à cheval sur l’enceinte médiévale de Condom, il existe une importante différence de niveau entre la cour d’honneur et le jardin, situé douze mètres plus bas. L’hôtel comporte des détails architecturaux manifestant l’émergence à cette époque du style néoclassique (grandes baies cintrées du rez-de-chaussée, colonnes ioniques cannelées, avant-corps couronné d’un grand fronton triangulaire etc.).

Il est classé au titre des monuments historiques depuis 1990 et a été sélectionné pour bénéficier des gains du loto du patrimoine qui financeront entre autres des travaux de menuiserie, de maçonnerie et d’étanchéité.

 

Rotonde de Montabon

© Ouiflash

Construite en 1890, la rotonde de Montabon était, au début du XXe siècle, un composant important de la ligne Paris-Bordeaux du réseau de l’État. Victime des bombardements de la guerre de 1939-1945 et de la modernisation des réseaux SNCF, le site a fermé en 1954.

Laissé à l'abandon, un particulier l'acquiert en 2009, le sauvant ainsi de la destruction programmée par la SNCF. Sur un site de 10 000 m², le bâtiment semi-circulaire de 2 500 m² comporte 10 voies intérieures desservies par un pont tournant de 24 mètres raccordé au réseau national SNCF. Cet ensemble est inscrit au titre des monuments historiques depuis 2010. Identifié comme un bien patrimonial en péril, des travaux de restauration ainsi que l’aménagement d’espaces pour accueillir le public seront lancés très bientôt.