Les fortifications Vauban

Publié le 04.07.2018
Depuis 2008, douze des fortifications de Vauban sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. Construites au XVIIe siècle par Sébastien Le Prestre de Vauban, architecte militaire de Louis XIV, toutes témoignent de l’apogée de ce système de défense développé par les Italiens puis les Hollandais à partir du XVIe siècle consistant à enfoncer les ouvrages défensifs dans le sol pour les rendre moins fragiles. Vauban a joué un rôle majeur dans l’histoire des fortifications, en influençant l’architecture militaire jusqu’au milieu du XIXe siècle, en Europe et ailleurs.
© Service du Patrimoine, ville de Briançon

Réparties le long des frontières nord, est et ouest de la France, les douze œuvres classées constituent les meilleurs exemples du travail de Vauban. Cette série comprend des villes créées ex nihilo, des citadelles, des enceintes urbaines à bastions, des tours bastionnées et des forts de montagne et de côte. L’ensemble des fortifications bâties par Vauban complètent les obstacles naturels (chaîne de montagne, océan, etc.) qui protègent les villes et les voies de communication stratégiques et s’inscrivent donc en cohérence avec le paysage existant.

Voici comment Nicolas Faucherre, universitaire et membre du conseil scientifique et technique du réseau Vauban, résume l’œuvre de l’architecte militaire de Louis XIV :

 

« Pour défendre des villes, Vauban construisait des citadelles à cheval sur l’enceinte urbaine comme à Arras, Besançon ou encore Saint-Martin-de-Ré. Là où il n’y en avait pas, il en fit parfois construire de toutes pièces. Des neuf villes neuves qu’il conçut, Longwy, Mont-Louis, Mont-Dauphin et Neuf-Brisach sont en parfait état de conservation.

 

Pour la défense des côtes, il développa plusieurs types de tours équipées de canons qui permettaient de surveiller le large. La tour Dorée à Camaret-sur-Mer disposait, pour exemple, d’une batterie basse permettant de défendre l’entrée de la rade de Brest. La tour bastionnée, dont Besançon conserve les premiers exemplaires, prouve quant à elle que la tour avait également son utilité loin de la mer.

 

Pour des raisons stratégiques et économiques, Vauban intégra des places fortes existant souvent depuis le Moyen Âge dans les projets de fortification qu’il réalisa. C’est le cas de Villefranche-de-Conflent et de la citadelle de Blaye. Sa sensibilité aux conditions du terrain est également perceptible à travers les techniques utilisées, notamment pour la construction du Fort-Médoc situé sur un sol marécageux. Bien qu’il ait cherché à rationaliser au mieux les fortifications qu’il concevait, il était parfois contraint d’abandonner tout principe de standardisation en fonction de la géographie du lieu. Briançon, dans les Hautes-Alpes, en est probablement le meilleur exemple.

 

Les fortifications de Vauban présentent une qualité esthétique sobre mais certaine qui se traduit parfois par la grandeur des ouvrages, parfois par leur finesse et, pour certains lieux, par une expression artistique provocatrice, visible notamment sur les frontons des portes tournées vers l’ennemi, frappés des armes du roi Soleil. »