Découvrez 10 des 18 sites emblématiques de la mission pour le patrimoine en péril

Publié le 13.07.2018
Plusieurs mois après le lancement de la mission "Patrimoine en péril" dirigée par Stéphane Bern, le ministère de la Culture, la Fondation du patrimoine et la Française des jeux seront mobilisés sur les 18 sites emblématiques les 15 et 16 septembre prochain afin d'acter officiellement le financement des premiers travaux.

Parmi ces dix-huit projets, répartis sur tout le territoire national - en métropole comme en outre-mer -, à avoir été désignés porte-drapeau par la mission Bern, dix vous ouvriront leurs portes à l'occasion des Journées européennes du patrimoine.

Aqueduc romain du Gier

Auvergne-Rhône-Alpes, Rhône

Classé au titre des monuments historiques en 1912

© Antoine Roulet

L’aqueduc romain du Gier, niché dans la vallée du Bozançon, doit son nom aux sources du Gier - affluent du Rhône - où il a longtemps puisé son eau. Édifié entre les Ier et le IIe siècles, il permettait l'alimentation en eau de la ville antique de Lugdunum.

Long de quelque 86 kilomètres, l’aqueduc traverse vingt-trois communes et s’érige en cela comme l’une des plus importantes réalisations romaines dans le domaine hydraulique. La partie qui traverse Chaponost est ainsi la plus grande section d’aqueduc en France avec son alignement de 92 arches parmi lesquelles 72 sont encore visibles aujourd'hui. L’aqueduc, qui a subi de nombreuses dégradations, nécessite aujourd’hui une consolidation que sa sélection au sein de la liste « Patrimoine en péril » permettra de mener à bien.

 

Château de Bussy-Rabutin

Bourgogne-Franche-Comté, Côte-d'Or

Classé au titre des monuments historiques en 1862

© Colombe Clier, CMN

Le château de Bussy-Rabutin, de style Renaissance, a été construit au XVIe siècle avant d'être aménagé, au XVIIe, par Roger de Bussy-Rabutin, général des armées royales de Louis XIV et cousin de Madame de Sévigné. Il est restauré par le comte de Sarcus dans les années 1830, et ce dernier obtient son classement au titre des monuments historiques dès 1862, inaugurant la protection nationale des propriétés privées.

Le plan général présente un corps de logis et deux ailes en retour ; à l’ouest, les parties « Roger de Rabutin » (datées du XVIIe et restaurées au XIXe), à l’est les parties « Sarcus ». Racheté par l'État en 1929, et géré par le Centre des monuments nationaux, le domaine fait l’objet d’importants travaux de restauration depuis les années 1970, que les dotations obtenues grâce au loto du patrimoine permettront de poursuivre.

 

Hôtel-Dieu de Château-Thierry

Hauts-de-France, Aisne

Inscrit au titre des monuments historiques en 2007

© Ouiflash

L’hôtel-Dieu est créé en 1304 par Jeanne de Navarre. Longtemps dirigé par une communauté de religieuses, pauvres, pèlerins, vieillards et malades viennent y trouver refuge. L’établissement connaît son âge d’or à la fin du règne de Louis XIV grâce à la générosité de mécènes qui le dotent de somptueux objets d’art.

Lorsque l’hôpital quitte les locaux de l’hôtel-Dieu, en 1982, ces œuvres d'art, placées dans les greniers, sont redécouvertes, restaurées et présentées dans les salles réaménagées de l’ancien complexe hospitalier. Une douzaine de ces objets sont classés au titre des monuments historiques. Reconnu « Patrimoine en péril », l’hôtel-Dieu fera l’objet, grâce aux dotations obtenues par le loto du patrimoine, d’une réhabilitation (travaux d’aménagements intérieurs, consolidation de la façade et des fondations).

 

Château de Carneville

Normandie, Manche

Classé et inscrit au titre des monuments historiques en 1975

© Ouiflash

Le domaine de Carneville forme un exemple complet de l’architecture rurale du Cotentin entre le XVIIe et le XXe siècle. Façonné au fil des siècles par ses différents propriétaires, il se compose d’un premier manoir (1640), du manoir des Anoteux (1699), d’une boulangerie (1725), du logis principal édifié en 1755 et reconstruit depuis, ainsi que d’un parc de 7 hectares présentant une mosaïque de jardins (austral, asiatique, à l’anglaise, roseraie, etc.).

Son actuel propriétaire porte un projet de restauration de ce "château de village". Les travaux porteront en priorité sur le traitement des zones infestées par la mérule, champignon qui couvre près de 1 000 m² du logis principal, et menace la stabilité de l’édifice.

 

 

Hôtel de Polignac

Occitanie, Gers

Classé au titre des monuments historiques en 1990

© Ouiflash

Place forte commerciale et aristocratique au XVIIIe siècle, la ville de Condom possède en son sein de nombreux hôtels particuliers. Parmi ceux-ci, l’hôtel de Polignac, édifié entre 1773 et 1777, est bâti sur un plan entre cour et jardin. Construit à cheval sur l’enceinte médiévale de Condom, il existe une importante différence de niveau entre la cour d’honneur et le jardin, situé douze mètres plus bas. L’hôtel comporte des détails architecturaux manifestant l’émergence à cette époque du style néoclassique (grandes baies cintrées du rez-de-chaussée, colonnes ioniques cannelées, avant-corps couronné d’un grand fronton triangulaire etc.).

Les gains du loto du patrimoine financeront entre autres des travaux de menuiserie, de maçonnerie et d’étanchéité.

 

Rotonde de Montabon

Pays de la Loire, Sarthe

Inscrite au titre des monuments historiques en 2010

© Ouiflash

Construite en 1890, la rotonde de Montabon était, au début du XXe siècle, un composant important de la ligne Paris-Bordeaux du réseau de l’État. Victime des bombardements de la guerre de 1939-1945 et de la modernisation des réseaux SNCF, le site a fermé en 1954.

Laissé à l'abandon, un particulier l'acquiert en 2009, le sauvant ainsi d'une destruction programmée par la SNCF. Sur un site de 10 000 m², le bâtiment semi-circulaire de 2 500 m² comporte 10 voies intérieures desservies par un pont tournant de 24 mètres raccordé au réseau national SNCF. Cet ensemble est inscrit au titre des monuments historiques depuis 2010. Identifié comme un bien patrimonial en péril. Des travaux de restauration ainsi que d’aménagement d’espaces pour accueillir le public seront lancés très bientôt.

 

Domaine de Maison-Rouge

La Réunion

Classé au titre des monuments historiques en 2004

© Jean-Pierre Dalbéra

Édifié au XVIIIe siècle, le domaine de Maison-Rouge est voué à la production de café à partir de 1724. Il abrite la famille Desforges Boucher, liée à la culture du café. Cette culture perdure jusqu'en 1896, mais est progressivement remplacée, à partir du premier tiers du XIXe siècle, par celle de la canne à sucre. Une unité de production de sucre est alors construite. La production cesse au tout début du XXe siècle.

Désormais propriété de la région de La Réunion, le site abrite depuis 2008 le musée des Arts décoratifs de l’Océan Indien (Madoi).

 

 

Villa Viardot

Île-de-France, Yvelines

Inscrite au titre des monuments historiques en 1983

© Renaud Camus

La villa Viardot est l’une des plus anciennes propriétés de Bougival (1830). En 1874, Ivan Tourgueniev et le couple Louis et Pauline Viardot achètent le domaine des Frênes et sa villa néo-palladienne qui surplombent la Seine. L’écrivain russe et le couple Viardot en font un lieu de foisonnement intellectuel qui célèbre les idées pacifistes et l’amitié franco-russe. La célèbre cantatrice Pauline Viardot recevait ainsi dans son « salon » toute la fine fleur du monde artistique et intellectuel de l’époque : Rossini, Chopin, George Sand, Liszt, Clara Schumann, Brahms, Delacroix, Flaubert, Saint-Saëns, Fauré, Massenet, Gounod, Bizet, Wagner ou encore Tchaïkovski…

Le domaine des Frênes sera ouvert lors des Journées européennes du patrimoine. La villa, fermée pour raison de sécurité, sera visible de l’extérieur.

 

Habitation Bisdary

Guadeloupe

Inscrite au titre des monuments historiques en 2007

© Syndicat d'initiative de Gourbeyre

En 1704, les Jésuites acquièrent le site - qui dépendait, jusqu'en 1671, des terres de Charles Houël, seigneur de la Guadeloupe - et créent une sucrerie. La demeure de Bisdary s’étend alors sur près de 250 hectares et compte plus de 300 esclaves. Lors de l'attaque anglaise de 1759, les bâtiments sont incendiés. Ne pouvant faire face aux dépenses de réparation, les Jésuites vendent la propriété. En 1783, un nouvel incendie détruit une partie des bâtiments, puis passent les ouragans de 1816 et de 1825. Désormais propriété de la commune de Gourbeyre, seuls cinq bâtiments de l’habitation Bisdary, témoins du passé industriel et colonial de la Guadeloupe, subsistent.

Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, profitez d'une visite guidée exceptionnelle du futur centre d'interprétation de l'histoire et du patrimoine du Sud Basse Terre samedi 15 septembre à 9h00.

 

Théâtre des Bleus de Bar

Grand Est, Meuse

© C.Legay

Construit en 1900, soit douze ans avant le prestigieux Théâtre des Champs-Élysées, cette première salle à l’italienne faite de béton armé a été érigée à l’initiative d’un commerçant de Bar-le-Duc passionné de théâtre. Sous sa direction, de prestigieux spectacles parisiens sont programmés, comme ceux de la Comédie-Française.

Au cours du XXe siècle, il devient d’abord un foyer de "Poilus" de la Première Guerre mondiale, avant d’être occupé par les Allemands dans les années 1940 et par les Américains à la Libération. Après quoi, faute de moyens, le rideau se baisse et le lieu devient un centre d’entraînement de gymnastique jusqu’en 2000.

À l'occasion du centenaire de l'Armistice de la Première Guerre mondiale et dans le cadre des Journées, (re)découvrez le théâtre redevenu, pour l'occasion, une base de l'arrière front français à quelques dizaines de kilomètres seulement de Verdun.

Samedi de 14h à 18h et dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h

Réservation obligatoire au 06 80 52 51 98

 

Bien que la plupart d'entre eux ne soit pas spécifiquement ouverts à la visite pour des raisons de sécurité, les huit autres lieux emblématiques de la mission Bern "Patrimoine en péril" que sont le fort Cigogne (Fouesnant - Bretagne - classé au titre des monuments historiques), l'église Notre-Dame (La Celle-Guenand - Centre-Val de Loire - classée au titre des monuments historiques, ouverte au public), le couvent Saint-François (Pino - Corse), la maison de Pierre Loti (Rochefort - Nouvelle-Aquitaine - classée au titre des monuments historiques), le pont d’Ondres (Thorame-Haute - Provence-Alpes-Côte d'Azur - classé au titre des monuments historiques), la maison d’Aimé Césaire (Fort-de-France - Martinique - classée au titre des monuments historiques), la maison du receveur des douanes (Saint-Laurent-du-Maroni - Guyane - inscrite au titre des monuments historiques) et la sucrerie de Soulou (M'Tsangamouji - Mayotte - inscrite au titre des monuments historiques) ne seront pas en reste puisque des cérémonies officielles actant le financement des premiers travaux s'y dérouleront. 5 millions d'euros seront attribués à cette occasion.